Le 25 juin, alors que Montpellier accueillait son dernier match de la Coupe du Monde™, le stade rendait hommage à Louis Nicollin, un précurseur du football féminin et un exemple à suivre.

Il est presque 20h ce mardi soir de juin quand le coup de sifflet final retentit. Le match Italie-Chine prend fin au stade de la Mosson sur un score de 2-0, mettant fin à l’aventure chinoise en Coupe du Monde™. Pour Montpellier aussi l’événement se termine là, mais avec un goût de succès. En cinq matches, le stade a accueilli près de 68 700 supporters, dont 17 500 pour ce huitième de finale. Une réussite selon Raphaël Werhli, Coordinateur du site montpelliérain : « Nous sommes vraiment satisfaits du taux de remplissage ici à Montpellier. Notre moyenne par match est supérieure à celle du club masculin du MHSC, c’est un véritable succès.  Une fois que la compétition a commencé au niveau national, le public montpelliérain s’est intéressé et a répondu présent. Nous avons su convaincre la population locale par la politique tarifaire et la qualité de l’accueil. Beaucoup sont repartis admiratifs, en particulier devant les transformations qu’a connues le stade. » Peinture fraîche sur les murs, drapeaux géants en tribune, accès aux personnes en situation de handicap revisités, le stade de la Mosson a fait peau neuve. Pour en surprendre plus d’un.

Eddy a fait partie de l’équipe de chauffeurs mobilisés pour la compétition. Originaire de Marseille, il suit cependant avec attention la pratique du football par les hommes et les femmes. Affecté à Montpellier, il a été stupéfait des changements apportés à la Mosson. « J’ai connu le stade en 1998 ! Je le reconnais à peine. Il devenait désuet ces dernières années mais là, il est parfait pour accueillir le Mondial ». Lui qui a eu l’opportunité de conduire le staff et quelques joueuses canadiennes, a très souvent loué les apports de la compétition en termes d’infrastructures auprès de ses passagers : « On évite de trop discuter avec les équipes mais quand elles nous posent des questions, c’est toujours un plaisir d’y répondre. Ils étaient impressionnés par les changements apportés et ont été ravis de voir que leurs fans aient apprécié leur expérience et séjour ici. J’imagine qu’avoir ce type de retour représente une vraie réussite pour les organisateurs et la ville. »

L’engouement qui habite la ville depuis le début de la compétition n’est cependant pas anodin et le début de ce match l’a rappelé : avant le coup d’envoi, une bâche XXL clamant « Hommage au Président Louis Nicollin, soutien inconditionnel du football féminin » a été déployée en hommage à l’ancien président du Montpellier HSC. Une vidéo retraçant son parcours et ses actions a alors été projetée, devant un public de marque et sa famille émue. « C’était juste de lui rendre hommage. Je me souviens de ce qu’il a fait pour le football féminin. C’était, certes, modeste, mais il fallait rappeler que Louis Nicollin était l’un des précurseurs du football féminin », a, quelques instants plus tard, expliqué Noël Le Graët, président de la Fédération Française de Football.

« Loulou », comme il avait l’habitude de se faire appeler, a créé la première section féminine dans un club professionnel en France et a ainsi lié à jamais Montpellier au football féminin. Sous sa présidence, le MHSC féminin a remporté deux Championnats de France et depuis, ce sont aussi trois Coupes de France et une demi-finale de Championnat d’Europe qui scintillent au palmarès. Formateur de nombreuses star locales et internationales, de nombreuses joueuses de légendes y ont évolué (Hoda Lattaf, Louisa Necib, Marie-Laure Délie…) Certaines ont même ensuite contribué au succès de clubs importants tels que L’Olympique Lyonnais ou le Paris Saint-Germain.

Aujourd’hui encore, le club forme des joueuses de calibre international, dont plusieurs participent au Mondial. Parmi elles, les Françaises Vérie Gauvin, Sakina Karchaoui et Marion Torrent, ou encore la Suédoise Sofia Jakobsson, la Hollandaise Anouk Dekker et l’Espagnole Virginia Torrecilla. Référence internationale, le Montpellier Héraut Sport Club de Louis Nicollin a donc marqué le football féminin jusqu’au plus haut niveau international. Ainsi, si la Coupe du Monde est finie pour Montpellier, son influence sur la discipline, elle, persiste.