Ils ont acheté 15% des billets écoulés. Ils ont posé leurs congés il y a près d’un an. Ils sillonnent la France depuis le 7 juin, le drapeau à la main, le visage rouge et bleu, arborant fièrement des maillots floqués aux noms de Rapinoe, Pugh, Morgan. On a suivi ces Américains qui ont investi les stades de la Coupe du Monde.

Gary habite Portland, dans l’Oregon, où résident les Portland Thorns. Le club est connu puisqu’il fait partie des pionniers en matière de professionnalisation de la pratique féminine. Un club qui a aussi compté dans ses rangs une certaine Amandine Henry. La milieu et capitaine des Bleues y a joué une saison, entre 2017 et 2018 et reconnaît que cette expérience lui a permis d’évoluer sous différents aspects.

Les Portland Thorns justement, voici ce qui conduit Gary et sa femme à la Coupe du Monde. Fan inconditionnel et membre actif du club des supporters – il en est même l’un des percussionnistes – il a décidé de vivre le Mondial à travers l’effectif actuel et passé des Thorns. La majorité des internationales évoluent sous l’étiquette des Stars and Stripes américaines, mais pas toutes, telles Amandine Henry ou Christine Sinclair (Canada). Il a assisté au match d’ouverture à Paris entre la France et la Corée du Sud (4-0) avant de prendre ses quartiers à Reims puis Grenoble, Reims de nouveau, Le Havre, puis Reims encore pour le huitième de finale entre l’Espagne et les Etats-Unis (2-1). Vendredi 29 juin, il se rendra une fois de plus au Parc des Princes, pour une rencontre qu’il attend avec impatience : « Pour nous, voir ce France-USA, c’est un beau cadeau. Le spectacle sera grandiose et on pourra revoir Amandine Henry. On est fan de cette joueuse ! » En l’espace de deux semaines, cet originaire de l’Oregon et sa femme auront couvert des centaines de kilomètres en train, goûté des spécialités variées tel le pâté à l’escargot à Grenoble ou encore profité des jours de repos des équipes pour visiter les caves de champagne et les monuments parisiens. Une aubaine pour ces supporters qui n’avaient encore jamais eu la chance de visiter la France.

Dans le train qui nous emmène à Reims pour le huitième de finale des USA, on a retrouvé Amber. Originaire de Californie, elle se trouvait la veille au Havre, pour le huitième de finale France-Brésil (2-1 a.p.). Habituée des trajets en train depuis le 7 juin, elle n’aurait manqué ces deux rencontres pour aucune raison – pas même la fatigue occasionnée par les courtes nuits et l’intensité de ses chants. Cette Coupe du Monde représente pour elle un excellent moyen de découvrir le pays et améliorer son Français. À Reims, elle a vécu son sixième et dernier match de compétition. Heureuse du résultat final, elle est repartie avec le sourire du stade Delaune, direction le centre-ville rémois pour célébrer la qualification avec un autre groupe de supporters. Fervente supportrice des Américaines, elle espère bien sûr voir son équipe l’emporter dans le quart de finale qui l’opposera à la France à Paris. Ce sera sans elle mais d’autres Américains, eux, ont prévu de rester jusqu’au bout. Et ce bout porte un nom : Lyon.