La ville du Havre, hôte du Mondial à venir (7 juin-7 juillet), a été mise à l’honneur samedi 19 janvier. Le dernier match de l’Équipe de France Féminine dans un stade de la compétition a été l’occasion pour la Fédération Française de Football de revenir sur un enjeu prépondérant de son plan Héritage 2019 : la mixité. Lors d’un colloque organisé en marge de la rencontre et de l’inauguration du musée des Bleues, plusieurs tables rondes se sont succédé, en présence notamment de Roxana Maracineanu, Ministre des Sports, Brigitte Henriques, Vice-Présidente Déléguée de la FFF et Vice-Présidente du Comité d’Organisation Local, Frédérique Jossinet, Directrice du Football Féminin à la FFF, Luc Lemonnier, Maire du Havre, Sébastien Tasserie, Adjoint aux Sports, et Vincent Volpe, Président du HAC.

En ouverture de ce colloque, Brigitte Henriques a rappelé qu’aux États-Unis, adversaire des Françaises le soir-même, le football – soccer – est le sport numéro 1 avec près de 4 millions de licenciées, une qualité d’accueil proche de l’excellence et un palmarès impressionnant (triples Championnes du monde et quadruples Championnes Olympiques). Malgré des chiffres extrêmement encourageants depuis la mise en place du plan de féminisation fédéral en 2011 (multiplication par 3 du nombre de licenciées), la France peut encore progresser.

Pour les anciennes internationales Marinette Pichon, Laura Georges et Camille Abily, la pratique de haut niveau a pris un virage décisif dans la foulée de la Coupe du Monde Féminine 2011 en Allemagne. « Avant, on jouait sur des terrains stabilisés, en sable. Il n’y avait pas de spectateurs. Il nous est même arrivé de nous changer aux abords des terrains d’entraînement car les vestiaires n’étaient pas ouverts », se souvient l’une d’elles.

Le développement de la pratique doit aujourd’hui profiter à tous les étages du football féminin. Afin d’atteindre les objectifs fixés d’ici 2020, Brigitte Henriques envisage le Mondial comme un fer de lance pour faciliter l’accès à la discipline et hausser sa compétitivité. Il faut « accompagner les clubs dans leur structuration afin d’offrir les mêmes conditions de pratique aux jeunes filles et jeunes garçons. » Parmi les développements listés figurent l’amélioration des infrastructures (terrains d’entraînement, vestiaires…) et la hausse du nombre d’éducatrices.

« Le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2019 doit permettre de mettre en avant la pratique du football féminin et du sport féminin en France, 40% des médailles internationales françaises sont remportées par des sportives. Paradoxalement, le sport féminin ne représente que 20% des volumes d’audiences dans notre pays. Il faut faire mieux », estime la Directrice du Football Féminin à la FFF, Frédérique Jossinet.

Ce colloque a permis de mettre en évidence les évolutions en matière de mixité dans le football depuis le début de la mandature de Noël Le Graët en 2011. Avec la Coupe du Monde Féminine de football programmée six mois après le Championnat d’Europe de Handball, la saison 2018-2019 pourrait être un véritable accélérateur dans le domaine.