En Méditerranée, le football féminin a longtemps été éclipsé par d’historiques équipes masculines tels l’Olympique de Marseille, l’OGC Nice et l’AS Monaco. Si leurs homologues féminines existent, elles jouent pour la plupart en championnat amateur – exception faite pour l’OM, qui retrouve la D1 la saison prochaine, et Nice qui vient d’accéder à la D2. Mais pour la région, comme pour Nice qui accueille 6 matches de Coupe du Monde dont un huitième de finale et le match pour la troisième place, les choses pourraient rapidement évoluer.

C’est le regret de certaines joueuses internationales, françaises comme étrangères : ne pas affronter de clubs de renom dans la région Méditerranée. Avec plus de 8 500 licenciées, dont près de 150 à l’OGC Nice – qui a acté sa montée historique en Division 2 la saison prochaine – on est loin des 21 585 du voisin Auvergne Rhône-Alpes ou même des 15 300 en Occitanie. Mais dans cette région où il fait bon vivre, on ne doute pas des changements à venir.

 « La Ligue Méditerranée est plus petite en termes de licenciés global, que les Ligues mentionnées, qui ont de surcroît une grande histoire du football féminin. Néanmoins nous augmentons tous les ans d’environ 5% le nombre de pratiquantes et le taux de féminisation de la Ligue est aux alentours de 8%, avec une augmentation de 17% cette saison sur le public féminin, affirme Veronique Lainé, membre du Comité Directeur de la Ligue et Présidente de la Commission Régionale de Féminisation. Au-delà de la pratique, nous souhaitons et allons continuer le développement de la mixité et de la représentation des femmes dans toutes les familles du foot (arbitres, éducatrices, dirigeantes, déléguées). Pour ce faire, la Ligue Méditerranée a mis en place un challenge de l’arbitrage féminin où les clubs amenant une fille à l’arbitrage se voient offrir une dotation en matériel. À ce jour, nous ne cessons de progresser et nous comptons parmi nos effectifs des arbitres fédérales. Nous continuerons la saison prochaine ce challenge. Nous allons également promouvoir la formation des femmes dirigeantes et développer les postes de déléguées. La promotion de la féminisation et de la mixité ne s’arrêtera pas à la Coupe du Monde. »

 5 000 personnes mobilisées sur 4 étapes

La Ligue Méditerranée (LMF) est par ailleurs très investie dans sa mission de promotion de la pratique. Elle profite des bons résultats des Équipes de France, des clubs de la région (promotion de l’OM en Division 1 et de l’OGC Nice en Division 2) et de cette année de Mondial pour sensibiliser autour de la pratique et du sport féminin en général.

À cette occasion, elle a multiplié les initiatives saluées par un public toujours plus nombreux, comme la mise en place de la première édition du « LMF Tour ». Après un démarrage en fanfare dans la station de ski de Risoul, la tournée a fait étape à Avignon puis Toulon et enfin Marseille. Outre les activités habituelles – foot fléchette, espace technique de dribbles, démonstration de freestyle – la Commission Régionale Féminine de la Ligue a créé une animation, un Trivial Pursuit spécial PEF (Programme Éducatif Fédéral). Son but est simple, faire connaître au plus grand nombre les règles et bonnes pratiques du football.

« La Ligue Méditerranée de Football ayant la chance d’accueillir 6 matches de la Coupe du Monde™ au stade de Nice, il nous semblait important de mobiliser et sensibiliser l’ensemble du territoire à l’organisation de cette compétition internationale en France mais aussi favoriser et promouvoir l’accès des femmes à la pratique, explique Arnaud Doudet, Directeur Adjoint en charge du Développement de la Ligue et Responsable du LMF Tour. Nous avons pu constater que celle-ci avait une très belle image auprès du grand public et que toute la famille était concernée (parents et enfants). Cette aventure LMF Tour a été assez incroyable. La tournée a fait venir plus de 5 000 personnes sur les 4 étapes et a permis de mobiliser, via des animations ludiques et éducatives, un public que nous n’aurions pas pu toucher si nous nous étions uniquement concentrés sur des opérations avec nos licencié(e)s dans les clubs. Cette première édition nous a également démontré que le football féminin était en pleine expansion et que les jeunes filles prenaient énormément de plaisir à venir pratiquer. » 

Remerciement de ses efforts en matière de développement féminin, la région sera hôte de la Coupe du Monde, avec l’emblématique Nissa la bella, son stade ultramoderne et ses 6 matches. Et comme un clin d’œil à la ville, la première rencontre de groupes a vu s’affronter des équipes rivales, l’Angleterre et l’Écosse (2-1), dont la première rencontre remonte à 1972. « Une belle affiche », remarquait avant le coup d’envoi l’internationale et défenseure anglaise Lucy Bronze. « Les deux pays où il pleut le plus se rencontrent dans la ville la plus ensoleillée de France, il faut peut-être y voir un signe. Mais en tout cas, c’est un élément à prendre en compte, aucune des deux équipes n’est habituée à jouer avec pareille chaleur, même l’été ! » La physionomie de la partie lui a souri ainsi qu’à ses coéquipières. Et mercredi c’est la France qui s’avance, pour son deuxième match face à la Norvège !