Depuis 2007, à l’Olympique Lyonnais, l’équipe qui performe sans discontinuer est l’équipe féminine, qui attire de nombreux regards envieux. Après avoir soulevé un 13ème trophée de Division 1 puis une 8ème Coupe de France (3-1 face au LOSC) ; les Rhodaniennes ont remporté le 18 mai la Ligue des Champions pour la sixième fois – la quatrième d’affilée. Lyon, c’est l’histoire d’un club et d’un président qui a cru au développement du football féminin. Et comme un remerciement de son engagement, la ville accueillera 3 rencontres de la Coupe du Monde Féminine™, dont la finale, le 7 juillet.

Depuis la création en 2004 de sa section féminine, l’Olympique Lyonnais a gravi tous les échelons au niveau national comme au niveau international. Aujourd’hui, le club compte 13 titres de Championnes de France, 8 victoires en Coupe de France et 6 victoires en Ligue des Champions (2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019). L’équipe a également été élue 5 fois meilleure équipe du monde par l’International Federation of Football History & Statistics (2012, 2015, 2016, 2017, 2018). Un palmarès impressionnant. Et qui ne cesse de s’étoffer.

Au fil des années, la stratégie de recrutement du club a évolué. Axée à l’origine exclusivement sur les talents français, l’OL s’est ouvert à l’international et dispose aujourd’hui d’un effectif cosmopolite parmi les plus brillants au monde. Avant Ada Hegerberg, récompensée avec le premier Ballon d’Or Féminin en décembre 2018, ou Dzsenifer Marozsan (récemment élue meilleure joueuse du championnat français lors de la soirée des trophées de l’UNFP), Hope Solo, Megan Rapinoe, Alex Morgan ont laissé leur empreinte au club. Et c’est sans compter ces superstars françaises, Abily ou Necib, qui ont marqué les mémoires. Parmi les internationales étrangères actuelles, nombreuses seront celles qui participent à la Coupe du Monde telles Marozsan avec l’Allemagne, Lucy Bronze avec l’Angleterre, Janice Van de Sanden avec les Pays-Bas, Saki Kumagai avec le Japon ou Kadeisha Buchanan avec le Canada. Elles sont aussi 7 Françaises à disputer la prestigieuse compétition (Sarah Bouhaddi, Wendie Renard, Griedge Mbock, Amel Majri, Amandine Henry, Delphine Cascarino, Eugénie Le Sommer). Un nombre qui n’est pas anodin et démontre le niveau élevé des joueuses lyonnaises.

Marozsan : « Le Président Aulas fait tout pour nous (…) Je n’ai qu’une chose à dire, merci »

Cette réussite trouve aussi son origine dans la politique appliquée par les dirigeants du club. Le Président Jean-Michel Aulas l’affirmait très tôt, le football féminin s’annonçait comme l’avenir des clubs professionnels. Ce mot est devenu réalité pour les joueuses dont le traitement et les conditions de pratique ont évolué, jusqu’à devenir équivalents à ceux de leurs homologues masculins. « Ce que Lyon propose, peu de clubs en sont capables. Dans mon pays, c’est impossible et même en Allemagne, je n’avais pas autant d’infrastructures et de conditions de vie comparables, témoigne la défenseuse japonaise, Saki Kumagai. Ici, c’est un monde à part. » Un sentiment partagé par toutes les joueuses de Reynald Pedros, dont Amandine Henry. Après une parenthèse américaine à Portland (lors de la saison 2016-2017), la joueuse est revenue au sein du club rhodanien : « Nous n’avons rien à envier à ce qui se fait aux États-Unis, en Angleterre ou d’autres pays. On a une Académie pour les jeunes filles, un bâtiment qui nous est propre, nos vestiaires, nos terrains d’entraînement, notre salle de musculation. On est considérées autant professionnelles que les hommes, par tout le monde, à commencer notre président. Il vient à nos matches, s’entretient avec nous et nous encourage toujours plus. » Sa coéquipière, l’Allemande Marozsan, ajoute : « Le Président fait tout pour nous. Il s’investit et pas que financièrement. Même quand nous sommes dans une mauvaise période, il nous encourage. Je n’ai qu’une chose à dire, merci. »

Le 17 mai 2019, le New York Times publiait un article sur l’équipe féminine de l’Olympique Lyonnais, justifiant son statut de meilleure équipe mondiale, tous sports confondus. Parmi les raisons mentionnées, l’égalité de traitement homme-femme de l’Académie aux équipes séniors, et la professionnalisation qui a suivi.

Alors que l’OL a décroché un quatrième triplé Championnat-Coupe de France-Ligue des Champions, les enceintes du club seront également utilisées lors de la Coupe du Monde. Le stade de Lyon accueillera uniquement 3 matches ; déjà présents dans l’esprit des joueuses : les demies-finales et la finale,  à guichets fermés depuis plusieurs mois. Si certaines l’avouent à demi-mot, d’autres l’affirment clairement : elles espèrent soulever le trophée ici, chez elles, devant leur public lyonnais et encouragées par leurs supporters nationaux.