Ville hôte de la Coupe du Monde Féminine 2019™ (7 juin – 7 juillet), Montpellier a participé au développement de la pratique en impulsant la professionnalisation dans l’Hexagone. Le MHSC a en effet été le premier club pro en France à créer une section féminine. Retour sur ce rôle pionnier.

La ville de Montpellier est fière de son histoire en matière de football féminin. Dès 1985, son équipe féminine disputait des matches de Première Division, sous le nom de Racing Club Paillade. Après 15 ans passés à évoluer entre la D1 et la D2, six titres de Championnes de Division d’Honneur (Ligue du Languedoc Roussillon) et une fusion avec l’Entente Cressoise, l’équipe a été absorbée par le Montpellier Hérault Sport Club en 2001 sous l’impulsion de Louis Nicollin.

Le MHSC devient ainsi le premier club professionnel de football masculin à se doter d’une section féminine en France. Conséquence logique : c’est le début des années fastes. Entre 2004 et 2016, l’équipe du MHSC a remporté deux Championnats de France (2004, 2005), trois Coupes de France (2006, 2007, 2009) et atteint les demi-finales de la Coupe de l’UEFA Féminine lors de la saison 2005-2006.

« Le Président de l’époque, Louis Nicollin, a donné un véritable élan au football féminin montpelliérain, témoigne l’internationale française et défenseuse du MHSC, Marion Torrent. Il y a mis tout son cœur, malgré les obstacles qu’il rencontrait. Car on le sait, le football féminin ne rapporte pas autant de recettes que le football masculin. C’était encore moins le cas il y a 10 ans. Lui a choisi d’investir sans compter, c’était le choix d’un passionné. On lui sera toujours redevable de nous avoir donné cette chance. Et c’est lui qui a montré l’exemple à Lyon, Paris et d’autres clubs. Il a été un vrai précurseur dans le développement de la pratique. Nous essayons de lui rendre hommage chaque week-end avec des bons résultats pour faire perdurer ce qu’il a entamé. »

De nombreuses joueuses de talent sont passées par le club montpelliérain et ont participé à son succès, telles les ex-internationales françaises Camille Abily (2003-2006), Sonia Bompastor (2002-2006), Louisa Necib (2006-2007) ou encore Hoda Lattaf (2009-2014). Si le MHSC n’est plus en tête de la D1 et doit composer avec l’élite lyonnaise et parisienne, l’équipe se classe pourtant aujourd’hui à la troisième place du Championnat. À l’instar de l’équipe masculine, les transferts de joueuses étrangères appelées en sélection nationales comme Maria Banusic (Suède), Virginia Torecilla (Espagne) et Anouk Dekker (Pays-Bas), se sont intensifiés depuis le début des années 2000. Une transformation jugée positive par l’ensemble de l’effectif, comme le souligne Marion Torrent : « Pour le football français, c’est une bonne chose d’avoir des étrangères. Elles nous montrent un autre football avec une autre mentalité et une approche différente. Il faut que les joueuses et les joueurs aient des expériences à l’international s’ils le souhaitent ; ça ne peut qu’être bénéfique pour tous. Tout le monde en sort gagnant et c’est ce qui nous permet d’élever notre niveau. »

En juin 2017, la ville a été désignée pour accueillir cinq matches de la Coupe du Monde, un choix considéré comme une reconnaissance de son investissement dans la pratique. « L’Équipe de France ne jouera pas à Montpellier, certes, mais c’est une chance que la ville ait été choisie pour la compétition. C’est aussi logique au vu de son histoire, comme nous l’avons évoqué. C’est une preuve supplémentaire de la montée en puissance du football féminin sur le territoire. En montrant son engagement pour la pratique, la ville encouragera sûrement d’autres clubs à se doter d’une section féminine, à créer des équipes de tout âge et de tout niveau, estime Torrent. Cela permettra d’accroître la concurrence. Qui dit concurrence dit augmentation du nombre de joueuses, hausse du niveau et pourquoi pas plus tard, hausse des salaires. Il ne faut pas l’oublier, le football féminin, c’est un nouveau marché ! » Alors que la pose de la première pierre du futur stade Louis Nicollin aura lieu en plein Mondial, le 26 juin, c’est tout Montpellier qui devrait vibrer pendant la compétition. Et, ce, dès le lundi 10 juin avec Canada-Cameroun. Un beau clin d’œil à « Loulou ».