Vendredi 28 juin, c’était la fin du parcours des Bleues en Coupe du Monde, après leur défaite (1-2) face à l’ogre américain. L’équipe en charge du fonctionnement du Parc des Princes tirait également sa révérence, après plus de cinq mois à organiser la compétition en son sein.

Ils auraient aimé que leur propre aventure se termine sur une note plus joyeuse. Les membres du Comité d’Organisation Local, déployés au Parc des Princes depuis janvier, ont connu leur dernier match de Coupe du Monde ce vendredi 28 juin. Tout comme l’équipe qu’ils encourageaient, pour la plupart et, à voix basse, la France. Une défaite qui n’enlève pourtant rien à la satisfaction d’avoir partagé une expérience inoubliable et livré 7 rencontres d’une grande qualité : « On a eu la chance d’organiser le match d’ouverture. Ce n’est pas rien et ce moment restera gravé dans les mémoires de tous les participants, affirme Antony Danguillaume, Venue Manager à Paris. Et avant le très attendu France – États-Unis, on a assisté à des rencontres qui font la beauté d’un Mondial, comme le fameux Argentine-Écosse avec une remarquable remontada de l’équipe sud-américaine. »

À Paris, on aurait pu s’attendre à une pression particulière au vu des matches prévus. Mais c’est toujours avec le même professionnalisme et dans une ambiance festive que les organisateurs ont préparé leur Mondial, à l’image des séances improvisées de karaoké qui animaient de temps en temps les entrailles du stade. « Je suis fier du travail accompli ces dernier mois, fier de mes équipes, qu’ils soient salariés du Comité d’Organisation, Volontaires, fournisseurs, homologues de la FIFA et du Parc des Princes. On a vu une belle collaboration entre les différents services et une entente incroyable au sein de chacun d’eux. Certains chantaient pendant qu’ils préparaient leur feuille de route, d’autres faisaient des compétitions dans le déchargement de matériel. L’environnement de travail était vraiment bon enfant, ce qui n’enlevait rien à la rigueur demandée », poursuit le Venue Manager.

Au Parc des Princes, certains ont vécu des moments inoubliables et parfois, peu communs. Comme Ginette, Volontaire et doyenne du site âgée de 87 ans, qui n’a pas eu froid aux yeux en relevant le défi imposé par ses camarades : placer le mot « ratatouille » dans une interview ! Ou encore, comme les collaborateurs du Comité d’Organisation, présents en bord terrain lors de la première visite des joueuses américaines au stade, le jour précédent la rencontre Etats-Unis – Chili : pour la familiarisation de veille de match, toutes les joueuses ont retiré et aligné leurs chaussures pour entrer pieds nus sur la « très belle pelouse » du Parc, selon les mots de la sélectionneuse Jill Ellils.

Le Parc des Princes, c’était aussi un défi de taille pour les organisateurs. Avec une capacité nette de 45 600 spectateurs, c’était l’enceinte la plus grande, derrière celle de Lyon. Le Parc des Princes, c’est sept matches organisés, 3 à guichets fermés : France – République de Corée en ouverture, États-Unis – Chili en phase de groupe et France – États-Unis en quarts de finale. Soit un taux de remplissage de 78%, un vrai succès pour le Comité d’Organisation, comme en témoigne Brigitte Henriques quelques jours plus tard : « Le parcours de la France s’arrête ici, mais celui du football féminin français ne fait que commencer. On ne regardera plus ce sport comme avant. On n’en parlera plus comme avant. On a réussi à faire quelque chose d’incroyable. Qui aurait pensé que l’on connaîtrait un tel engouement ? Que l’on remplirait des stades avec des milliers de supporters alors qu’il y a un an encore, personne ne savait qu’une Coupe du Monde se tenait sur le territoire ? »

Alors que les yeux sont maintenant rivés sur Lyon, théâtre des demi-finales et de la finale de ce Mondial, les villes hôtes font toutes le bilan. Entre retombées économiques, sociales et environnementales, elles se réjouissent déjà de l’impact de la compétition.