Samedi 6 juillet est venu le temps des au revoir à Nice : dernier match pour la ville, dernier match pour les équipes suédoise et anglaise, dernier match pour les équipes de la FIFA, du Comité d’Organisation Local (COL) et les Volontaires. Pourtant, toute la journée l’ambiance était à la fête.

Dès 11 heures du matin, une dizaine de supporters se trouvent déjà devant l’entrée de la FIFA Fan Experience (FFE) du jardin Albert 1er. Certains attendent depuis plus de quinze minutes sous le soleil ou abrités à l’ombre des palmiers, lorsque les portes se s’ouvrent. Il ne faut pas plus de quelques minutes pour que la place ombragée, vide et silencieuse quelques minutes auparavant, prenne vie. Des discussions démarrent vite entre supporters de différentes nationalités, reconnaissables aux maillots sur leurs épaules et aux drapeaux peints sur leur visages. Des Suédois et des Anglais, mais aussi des Américains et des Australiens échangent leurs pronostics pour le match de l’après-midi. Ces derniers sont venus malgré l’absence de leurs équipes au match du jour « Je fais partie d’un groupe de supporters australiens. Nous étions une centaine au début, et aujourd’hui nous sommes encore 35 à Nice et Lyon pour regarder les derniers matches. », raconte un supporter, casquette de l’Australie sur la tête. La beauté du sport prévaut sur le patriotisme, comme en témoignent ces deux Allemands « On a vu plus d’une vingtaine de matches depuis le début de la compétition. Nous sommes de grands fans de football féminin ». Les Américains, eux, savaient que « nous jouerions soit en finale soit en petite finale. On a donc acheté des billets pour ces deux derniers matches et les demi-finales. », s’enorgueillit une jeune Californienne, venue en France avec ses Amis.

Les discussions sont cordiales et l’ambiance est au jeu. Les ateliers sportifs font des heureux, comme cette Hollandaise d’une soixantaine d’années qui a battu ses petites filles au foot-fléchettes. D’autres préfèrent le foot bowling ou l’ombre du stand « Impact et Héritage » (ILES) du Comité d’Organisation où se déroule un concours de jongles. Cassie, Suédoise de 17 ans attire les regards de la foule qui l’entoure : elle est en train de battre le record de jongles de la FFE de Nice. Jusqu’là, personne n’avait encore surpassé Yoanna, 19 ans, qui avait enchaîné 284 jongles, mais Cassie vient de dépasser les 300 ! 350… 400… C’est finalement à 405 jongles que le ballon tombe au sol et que le public au souffle coupé depuis de longues minutes respire enfin. « C’est normal, elle joue dans l’équipe de Suède des U-17 ! » explique fièrement sa maman lorsque les autres supporters s’approchent pour discuter avec elles. A quelques mètres de là, sous la tente du stand ILES, Marie, 70 ans, énumère, stylo à la main, le nom des 23 joueuses de l’équipe de France sous le regard amusé et impressionné des Volontaires qui lui ont proposé de participer au jeu. Mamie Scott, comme elle aime être appelée, fait partie du groupe de supporters France Ang’Elles et était au stade pour voir tous les matches de la France et beaucoup d’autres. Une fois encore, un drapeau suédois sur la joue droite et un anglais sur la joue gauche, elle est venue soutenir le football féminin.

3h30 avant le coup d’envoi, une vingtaine de supporters se retrouve déjà dans la première navette en direction du stade. Une demi-heure de route le long des rues décorées aux couleurs de la Coupe du Monde™ suffisent pour arriver à destination. Certains supporters sont venus tôt pour acheter leurs billets, formant une longue queue devant le guichet billetterie du stade. D’autres sortent du bus pour prendre un verre en terrasse dans un café au pied du stade, en attendant l’ouverture des portes. C’est une heure plus tard que les supporters jaunes, bleus, blancs et rouges, déjà postés aux portes d’entrée aux stades, envahissent le parvis, se jetant sur les buvettes et les boutiques officielles pour se procurer plus d’écharpes, t-shirts, gobelets et autres goodies à l’effigie de leur équipe et de la Coupe du Monde. Pendant plusieurs heures, les navettes venant de la FIFA Fan Expérience font affluer les foules devant le stade. Alors que les premiers supporters s’installent en tribune, la facétieuse mascotte ettie™ assure la bonne ambiance à l’intérieur du stade. L’entrée sur le terrain des joueuses pour leur entrainement attire encore davantage de supporters jusqu’à leurs sièges malgré la canicule.

Les hymnes retentissent, le stade vibre, et la pression se fait sentir. Place au match ! Dès le coup d’envoi, les supporters suédois, installés derrière le but de leur gardienne, lancent des chants et des cris repris par les nuages jaunes éparpillés un peu partout dans les tribunes. Les supporters anglais ne se font pas attendre pour réagir, lançant eux aussi leurs chants. Pourtant, à la 11ème minute ce sont les suédois qui crient de joie, lorsque leur équipe marque le premier but du match. Ils sont plus de 20300 au total à encourager leurs équipes ou simplement à profiter du spectacle. Plus le temps passe et plus les fans s’échauffent. Comme la température, qui oblige certains à se réfugier dans les coursives couvertes du stade. La Suède marque à nouveau portant le score à 2-0 avant que Fran Kirby ne réduise l’écart à la 31ème minute.

Au milieu de la seconde mi-temps le score est toujours de 2-1 en faveur de la Suède. Dans les tribunes, la balance penche en faveur de l’Angleterre et même le public neutre scande« England ». Tous espèrent que la différence de score se réduise encore pour assister aux prolongations et faire durer le plaisir.

C’est pourtant vain, puisque le score en reste là au coup de sifflet final. Les jaunes et bleues remportent la médaille de bronze, les supporters et les joueuses sont aux anges, alors que leurs adversaires fondent en larmes. Leurs proches et leurs fans les réconfortent comme ils peuvent. La cérémonie de remise des médailles se fait sous une pluie d’applaudissements, avant que le stade ne se vide. Malgré la défaite anglaise, l’humeur générale est festive. Pour beaucoup, la nuit sera arrosée. Les organisateurs sont fiers : la fête continue même après la fin du dernier match niçois. Certains se retrouveront même le lendemain à Lyon pour voir la finale, affrontement ultime entre les USA et les Pays-Bas.