Ce rêve en Bleue, elles l’ont toutes vécu. Ghislaine, Bernadette, Marie-Lou, Hoda, Sonia et toutes les autres. Qu’elles aient une sélection au compteur, des dizaines ou des centaines, peu importe, elles ont porté le maillot bleu et participé à écrire l’histoire de la sélection. Mercredi 12 juin, à l’initiative de la Fédération Française de Football, le rassemblement des anciennes internationales était organisé à Nice, en marge de l’alléchante affiche France-Norvège (2-1). Nous y étions.

« Elle est là ! Attends, ça fait combien de temps qu’on ne s’est pas vue ? » lance la défenseure Peggy Provost (91 sélections) à son ancienne coéquipière, l’attaquante Hoda Lattaf (111 capes), avant que celle-ci ne lui réponde en riant « Depuis 2017, tu as déjà oublié ? » – référence à un précédent rassemblement, riche en émotions. C’est déjà le 7ème organisé par la Fédération Française de Football pour permettre à ses ex-internationales de se retrouver ou se rencontrer. Cette année, elles sont 68 à avoir répondu présent. Cinq d’entre elles vivent leur premier rassemblement. Un moment fort qu’elles soulignent d’emblée. « Je ne pouvais pas assister aux précédents pour raisons professionnelles. Je suis heureuse d’avoir pu me libérer cette année, indique Virginie Dessalle. Depuis la fin de nos carrières respectives, les routes ont divergé. Certaines se sont retrouvées car elles occupent des fonctions dans le monde du football mais pour la majorité, nous sommes parties vers d’autres horizons. »

En effet, la professionnalisation d’une partie des clubs étant arrivée seulement dans le courant des années 2000, la plupart ont poursuivi leurs études, entamées en parallèle de leur carrière, ou repris leur emploi à temps plein. Enseignante, préparatrice en pharmacie ou encore employée de mairie la journée, elles chaussaient les crampons pour l’entraînement du soir et posaient des congés pour jouer les compétitions internationales. Un rythme que la plupart a connu et sans rien regretter. « Aujourd’hui, les grands clubs comme Lyon, Paris et Montpellier rémunèrent leurs joueuses. Elles peuvent réellement vivre de leur passion et c’est formidable. Mais je ne regrette pas notre époque. On aurait payé pour jouer ! Le football était et est toujours notre passion », affirme Isabelle Gibassier (3 sélections). Toutes partagent ces propos.

Partage d’anecdotes et rendez-vous à… Lyon ?

Réunies avant le match de la France dans une salle de l’hôtel qui les accueille à Nice, elles reviennent tour à tour sur leur parcours. Les anecdotes ne manquent pas. Oublis de chaussures, causerie d‘avant-match, rencontre avec des légendes du football telle Mia Hamm. Sans oublier une entrée sur le terrain inoubliable pour l’une des pionnières, Marie-Pierre Caron et ses coéquipières de l’époque : « Le coach m’a demandé de jouer sans mes lunettes, mais je ne voyais rien. J’ai commencé à jouer avec l’équipe adverse et à courir dans le mauvais sens avant que l’entraîneur ne me rappelle à l’ordre » et toute l’audience de s’esclaffer à ce souvenir. Partagées, ces histoires participent à souder toujours plus ces anciennes joueuses de l’Équipe de France, elles, qui ont toutes contribué à sa construction et au développement du football féminin, comme le souligne Brigitte Henriques. La Vice-Présidente Déléguée de la FFF et Vice-Présidente du Comité d’Organisation, a, elle aussi, profité de l’après-midi pour retrouver toutes celles avec lesquelles elle a pu partager la passion du ballon rond (31 sélections).

Avant de rejoindre les tribunes du stade de Nice, les joues maquillées du drapeau Tricolore et vêtues du maillot à pois pour les unes, bleu pour les autres, les anciennes internationales en ont profité pour faire un saut au Musée itinérant consacré à l’histoire de l’Équipe de France. Leur histoire. Ovationnées par la foule présente, elles ont pu échanger avec leurs fans et redécouvrir les étapes marquantes de l’évolution de cette sélection, avec en toile de fond toujours, le développement de la pratique.

Passées de joueuses à supportrices, elles ont ensuite donné de la voix pour encourager les Bleues de Corinne Diacre, retenant leur souffle comme les 34 000 supporters présents lors du penalty sifflé en faveur des Françaises et lançant plusieurs fois l’ensemble du stade sur un « Allez les Bleues ». Émotions et frissons garantis pour l’ensemble des participantes à ce septième rassemblement. Qui se donnent rendez-vous très vite. Peut-être même plus tôt que prévu… à Lyon début juillet !